Bruniquel, un écrin de pierres et de légendes

bruniquel

Niché au cœur du Tarn-et-Garonne, le village de Bruniquel pourrait sembler discret avec ses six cents habitants et ses maisons serrées entre collines et forêts profondes. Pourtant, ce joyau classé parmi les Plus Beaux Villages de France a plus d’une histoire à raconter. Entre cinéma, reines farouches, découvertes archéologiques et fresques artistiques, chaque pierre y résonne encore des voix du passé.

Dans les années 1970, Bruniquel est propulsé sous les projecteurs grâce au tournage du film «Le Vieux Fusil» de Robert Enrico. Romy Schneider et Philippe Noiret y incarnent un drame inspiré du massacre d’Oradour-sur-Glane. Le château conserve encore aujourd’hui une salle dédiée au tournage, où les visiteurs viennent en pèlerinage cinéphile.

Bien avant le cinéma, une autre femme fit entrer le village dans la légende : la «Dame de Bruniquel». Découverte en 1864 dans la grotte de Pouxets, cette sépulture d’une jeune femme du Magdalénien (–15 000 ans) atteste la présence de l’homme préhistorique dans la région.

reine brunehaut

En 587, c’est une reine qui s’impose ici : Brunehaut, souveraine wisigothe au caractère redoutable. Stratège politique, elle érige le premier château sur le piton rocheux. Sa fin, terrible – torturée puis traînée par un cheval sauvage en 613 – n’a fait que renforcer sa réputation de femme puissante et redoutée.

Les siècles passent et une autre figure féminine marque l’histoire : Madame de Bellefond, dernière vicomtesse de Bruniquel. Après son départ, les châteaux tombent à l’abandon, jusqu’au rachat par la commune en 1987, suivie d’une patiente restauration.

Le lieu attire aussi les artistes : Marcel Lenoir, ami de Picasso, y peint des fresques monumentales en 1915, dont un Couronnement de la Vierge toujours visible à Toulouse. Plus récemment, c’est l’opéra d’Offenbach qui résonne chaque été dans les murs du château grâce au festival lyrique fondé par Frank Thézan.

Le couronnement de la Vierge par Marcel-Lenoir, fresque à l'Institut Catholique de Toulouse, 1923.

En 1990, un adolescent découvre l’entrée de la mystérieuse grotte de Bruniquel. Ses cercles de pierre et ses stalagmites intriguent les archéologues. Initialement datée de 47 000 ans, elle serait en réalité bien plus ancienne : 176 500 ans ! Une antiquité vertigineuse qui relègue la grotte Chauvet au rang de cadette. Mais cette merveille restera secrète : pour la préserver, elle n’ouvrira sans doute jamais ses portes au grand public.


👉 Bruniquel n’est donc pas seulement un décor de carte postale. C’est un village où les légendes croisent la grande Histoire, où les femmes laissent leur empreinte, et où chaque pierre semble chuchoter aux visiteurs les récits du temps.